🔢 Une étude française vient de paraître et ses résultats sont sans appel.
Des chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle ont croisé deux bases de données massives : les achats de pesticides par code postal et les comptages d’oiseaux réalisés par des ornithologues bénévoles à travers la France.
🐥 Le constat ? Sur 64 espèces d’oiseaux communs observées dans les zones de cultures, 84 % voient leur abondance diminuer là où les achats de pesticides sont les plus élevés.
🚜 Et ce n’est pas qu’une question de paysage agricole intensif : même en tenant compte de la taille des parcelles, de l’usage d’engrais ou de la proportion de prairies, l’effet des pesticides reste bien visible.

🪺 Ce qui m’interpelle particulièrement, c’est que ce déclin ne touche pas uniquement les oiseaux spécialistes des milieux agricoles. Le rossignol, le pouillot véloce, la mésange charbonnière… Des espèces qui nichent ailleurs mais viennent se nourrir dans les champs sont également lourdement touchés.
🥼 C’est précisément pour développer des alternatives à ces pesticides que je travaille avec mon laboratoire à Gembloux Agro-Bio Tech. Phéromones, lutte biologique, microorganismes entomopathogènes … Les solutions existent et méritent d’être connues.
🧑🏫 Dans le cadre d’une conférence donnée à l’AFSCA, j’ai par exemple listé les alternatives qui sont applicables en culture betteravière.
💡 Nos autorités doivent absolument soutenir nos agriculteurs dans cette transition. Sans changement de cap, nous risquons de voir disparaître ces auxiliaires naturels qui, ironie du sort, contribuent eux-mêmes à réguler les populations d’insectes indésirables, contre lesquels on épand ces produits toxiques.
Source: Monnet A-C, Cairo M, Deguines N, Jiguet F, Vimont M, Fontaine C, Porcher E. 2026. Common birds have higher abundances in croplands with lower pesticide purchases. Proceedings of the Royal Society B 293: 20252370.