C’est ce que suggère une étude publiée dans Frontiers in Ecology and Evolution ce 15 janvier 2026.
🇧🇷 Des chercheurs brésiliens ont capturé plus de 1 700 moustiques appartenant à 52 espèces différentes dans deux réserves naturelles de la Forêt Atlantique brésilienne. Ces forêts sont de véritables hotspots de biodiversité, mais il n’en reste aujourd’hui qu’un tiers de la surface originale, grignotée par l’expansion humaine.
🩸 Les chercheurs ont isolé les femelles gorgées de sang, puis extrait l’ADN de leurs repas sanguins. En séquençant un gène qui fonctionne comme un « code-barres » unique pour chaque espèce de vertébré, ils ont pu identifier l’origine du sang consommé.
🦜 Résultat : une toute grande majorité de sang humain, le reste étant du sang d’oiseaux ou d’amphibien. Dans un écosystème aussi riche en hôtes potentiels, cette préférence marquée pour notre espèce est interpellante.
🌳 L’hypothèse des chercheurs est donc la suivante:
Avec la déforestation, les hôtes naturels des moustiques — mammifères, oiseaux, reptiles — se raréfient. Par opportunisme, ces insectes se rabattent sur la source de sang la plus accessible et la plus abondante : l’humain.
Comme le résume le Dr Sergio Machado : « Avec moins d’options naturelles disponibles, les moustiques sont contraints de chercher des sources de sang alternatives. Ils finissent par se nourrir davantage sur les humains par commodité, car nous sommes devenus l’hôte le plus répandu dans ces zones. »

⚠️ Pourquoi c’est important …. ?
Dans cette région du Brésil, les moustiques transmettent la dengue, le Zika, le chikungunya, la fièvre jaune, le virus Mayaro… Une préférence accrue pour le sang humain signifie mécaniquement un risque accru de transmission de ces pathogènes.
Les auteurs reconnaissent que le faible taux de moustiques gorgés de sang (~7%) et le pourcentage limité d’identifications réussies (~38%) appellent des études plus larges, avec des méthodes mieux adaptées à la détection des repas sanguins mixtes.
🦎 Malgré tout on peut retenir que protéger la biodiversité, ce n’est pas seulement préserver des espèces pour le principe. C’est aussi maintenir des équilibres écologiques qui nous protègent, nous, des maladies.
Une illustration concrète du concept de « One Health » : santé humaine, animale et environnementale sont indissociables.
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