On a longtemps cru que les vaches n’étaient pas très futées. Après tout, elles passent leur journée à brouter, non ? Pourtant une étude publiée dans Current Biology vient bousculer ce préjugé.
Veronika est une vache autrichienne qui a appris à utiliser une brosse pour se gratter. Rien d’extraordinaire ? Détrompez-vous. Ce qui fascine les chercheurs, c’est « comment » elle s’en sert.
Elle attrape la brosse avec sa bouche, la cale entre ses dents et la manipule avec une précision remarquable. Mais le plus bluffant : elle utilise les deux extrémités différemment. Le côté brosse pour frotter les zones à peau épaisse (croupe, dos). Le côté manche, plus doux, pour les zones sensibles comme le pis.

Ce comportement s’appelle l’utilisation d’un « outil multi-usage ». Jusqu’ici, on ne l’avait documenté de façon systématique que chez les chimpanzés.
Veronika anticipe aussi ses mouvements : elle réajuste sa prise avant de commencer à se gratter, selon la zone qu’elle veut atteindre. C’est de la planification. Et c’est tout aussi génial !

Pourquoi n’observe-t-on pas ça plus souvent ? Probablement parce que les vaches d’élevage vivent dans des environnements pauvres en objets manipulables. Quand on leur en donne l’occasion, certaines capacités insoupçonnées peuvent émerger.
Une invitation à reconsidérer l’intelligence de ces animaux qu’on côtoie depuis 10 000 ans… sans vraiment les connaître.
Source: Osuna-Mascaró, A. J., & Auersperg, A. M. I. (2026). Flexible use of a multi-purpose tool by a cow. Current Biology, 36(2), R44–R45.