Nos chats et chiens contre la faune sauvage

3 février 2026

🐈🐕Chats, chiens: 340 millions d’animaux de compagnie vivent aujourd’hui dans les foyers européens. Et ce chiffre a bondi de 11 % rien qu’en 2022.

On adore nos compagnons à quatre pattes, on se préoccupe de leur bien-être, on légifère même pour les protéger. Et c’est très bien !

👀 Mais il y a un angle mort dans cette belle histoire.

Que se passe-t-il quand ils croisent la route d’un oiseau nicheur, d’un lézard ou d’un petit mammifère sauvage ? Juridiquement, pas grand-chose.

🇪🇺 L’Union européenne protège la faune sauvage d’un côté.

Elle protège le bien-être de nos animaux domestiques de l’autre.

Mais entre les deux ? ➡️ Un vide.

Un vide qui a des conséquences très concrètes.

🐣 Le chat domestique est aujourd’hui considéré comme l’un des prédateurs invasifs les plus destructeurs au monde. Environ 25 % des extinctions contemporaines de reptiles, d’oiseaux et de mammifères lui sont attribuées à l’échelle planétaire. Même un chat bien nourri chasse. C’est dans sa nature.

25% … c’est pas rien.

🐦 Les chiens ne sont pas en reste. Sur les plages naturelles, leur simple présence suffit à compromettre la reproduction de ces oiseaux nichant au sol.

Face à ce constat, les réponses varient énormément d’un pays à l’autre. Certains misent sur les programmes de capture-stérilisation-relâcher pour les colonies félines. Problème : la littérature scientifique montre que cette approche, bien qu’acceptée socialement, ne réduit ni les populations de chats ni leur impact sur la faune à court terme.

Images provenant d’une caméra de suivi photographique montrant un poussin de l’Échasse blanche (Himantopus himantopus) dans son habitat de reproduction, suivi peu après par un chat provenant d’une colonie féline illégale située à l’intérieur d’une zone protégée du Parc naturel de l’Albufera de Valence. Le couple d’échasses blanches a perdu trois de ses quatre poussins en seulement quelques jours à cet endroit. Miguel Ángel Gómez-Serrano

⁉️ Alors, que faire ?

Certainement pas diaboliser nos animaux de compagnie. Mais peut-être commencer par regarder la réalité en face. L’Union européenne dispose de leviers juridiques pour agir : les directives environnementales obligent déjà les États membres à prévenir les dommages aux espèces protégées. Cela pourrait se traduire par des restrictions plus claires sur la liberté de déplacement de nos compagnons, particulièrement dans les espaces naturels sensibles.

🦮 Et nous, propriétaires, avons aussi notre part de responsabilité. Garder son chat à l’intérieur ou dans un enclos sécurisé, tenir son chien en laisse dans les zones de nidification, éviter les colonies félines à proximité des espaces protégés…

Ces gestes simples peuvent faire une vraie différence.

Ce post est construit sur base d’un article publié dans The Conversation par Miguel Ángel Gómez-Serrano, Assistant lecturer, Universitat de València

DOI: 10.64628/AAK.phxdjkvrr

François

Je suis François, professeur de comportement animal à l’Université de Liège (Belgique) et docteur en entomologie. Passionné par le monde fascinant des animaux, je partage avec vous des découvertes scientifiques sur l’éthologie et la biologie animale.

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