L’immortalité est-elle observée chez les animaux?
Sur les réseaux sociaux, on tombe régulièrement sur des vidéos qui nous promettent que certains animaux seraient carrément immortels. Alors évidemment, derrière ces titres accrocheurs, il y a souvent de l’exagération… mais aussi de vraies découvertes scientifiques, parfois tout aussi incroyables que les promesses qu’on nous fait. Aujourd’hui, je vous emmène explorer le monde du vivant pour découvrir des créatures qui, sans être éternelles au sens strict, ont développé des stratégies absolument extraordinaires pour défier le temps.
Ces animaux, souvent aquatiques d’ailleurs, nous rappellent que la nature a inventé des solutions complètement dingues, bien loin des élixirs de jouvence miraculeux. L’immortalité humaine reste un fantasme, certes, mais l’étude de ces bestioles ouvre des pistes fascinantes pour mieux comprendre la vie, le vieillissement et les limites du vivant.
Le tardigrade : indestructible face à tous les extrêmes
Mon premier invité est minuscule : le tardigrade, qu’on surnomme aussi l’ourson d’eau. Invisible à l’œil nu, il ressemble à une petite peluche potelée totalement inoffensive. Et pourtant, c’est probablement le champion toutes catégories de la survie sur notre planète.

Cette bestiole est une véritable machine à résister. Elle encaisse le zéro absolu, c’est-à-dire -273°C – une température à laquelle les atomes eux-mêmes cessent de bouger. Elle survit à la cuisson dans un four, supporte les pressions de broyage des abysses océaniques, la sécheresse la plus extrême des déserts, et même le vide spatial ! Son secret ? Un superpouvoir qu’on appelle la cryptobiose. Quand les conditions deviennent invivables, le tardigrade se recroqueville en boule, expulse 99% de l’eau de son corps et la remplace par un sucre particulier : le tréhalose. Ce sucre agit comme un antigel qui protège l’intégralité de ses cellules. L’animal entre alors dans un état de mort apparente où il peut rester des décennies, avant de se réveiller comme si de rien n’était dès que les conditions redeviennent favorables.
La praire d’Islande : contemporaine de Christophe Colomb
Dans les eaux glaciales de l’Atlantique Nord vit un autre phénomène : la praire d’Islande, un coquillage d’apparence tout à fait ordinaire. Sauf qu’un de ses représentants a vécu plus de cinq cents ans.
En 2006, des chercheurs ont mis la main sur un spécimen absolument extraordinaire. Son âge ? 507 ans. Ce petit coquillage était né en 1499, en pleine Renaissance ! À cette époque, Christophe Colomb venait tout juste de poser le pied en Amérique et Léonard de Vinci était en train de peindre ses chefs-d’œuvre. En Chine, c’était la dynastie Ming qui régnait – d’où le petit surnom affectueux qu’on a donné à cette praire : Ming.
On ignore encore comment un organisme aussi simple peut atteindre un âge pareil, mais son génome, récemment séquencé, pourrait bien nous livrer des indices précieux sur les mécanismes de la longévité. Malheureusement, l’histoire de Ming connaît une fin tragique : les chercheurs ont accidentellement tué l’animal… en essayant de déterminer son âge. L’ironie du sort.
Turritopsis : la méduse qui rajeunit
Mais la véritable star de l’immortalité, c’est une petite méduse des Caraïbes : Turritopsis nutricula. Celle-là, elle possède un superpouvoir qui défie littéralement toutes les lois de la biologie : elle est capable de remonter le temps.

Comme toutes les méduses, elle démarre sa vie sous forme de polype, qui se développe progressivement jusqu’à devenir une méduse adulte. Jusque-là, rien d’original. Mais Turritopsis, elle, peut inverser le processus de vieillissement. Ses cellules se reprogramment intégralement et elle redevient polype alors qu’elle était méduse. Puis elle vieillit à nouveau… et elle recommence. Encore et encore. Ce rajeunissement repose sur une capacité exceptionnelle à réparer ses chromosomes, là où chez la plupart des espèces, l’usure cellulaire conduit inexorablement au vieillissement.
La planaire : le ver qui se régénère à l’infini
Enfin, certaines espèces misent sur une autre stratégie : la régénération extrême. La planaire, un petit ver aquatique plat, peut reconstituer un individu complet à partir d’un minuscule fragment de son corps. Coupez-la en deux, en dix, en cent morceaux : chaque fragment peut potentiellement donner naissance à un nouvel animal entier, grâce à des cellules souches très particulières. Peu importe quelle partie vous prélevez, un organisme complet peut en émerger.

La méduse, ce peut étre intéressant d’étudier son système de renouvellement… mais pas transformée en méduse. Soyons sérieux ! Tous les 3 sont impressionnants.