Origine et évolution du baiser

2 janvier 2026


Le premier baiser de l’histoire, n’était pas humain ! Les scientifiques affirment que l’origine du premier baiser est bien plus ancienne qu’on ne le pensait. Et surtout, ils peuvent enfin expliquer pourquoi on aime autant ça — coller nos lèvres contre celles d’une autre personne. Alors j’ai fouillé pour vous dans toutes ces recherches sur les origines du baiser. On va remonter le fil : des premiers primates qui s’embrassaient … jusqu’aux Néandertaliens. Des Égyptiens à la Grèce antique, en passant par l’empire romain. On va voir découvrir les hypothèses que les chercheurs avancent pour expliquer l’apparition et le maintien du baiser à travers les âges. Et on fera un tour dans notre cerveau pour découvrir ce qu’il s’y passe quand on embrasse un l’être aimé. Ce qu’on a découvert va changer votre façon d’embrasser.

Qu’est-ce qu’un baiser, exactement ?

Mais d’abord, il faut qu’on s’entende sur ce qu’est vraiment un baiser. Parce que les scientifiques, eux, ont posé une définition très précise. Un baiser c’est un contact bouche contre bouche, qui n’est pas agressif, mais qui est réalisé volontairement, donc il doit pas être accidentel. Le baiser doit être associé à des mouvements des lèvres mais sans qu’il y ait transfert de nourriture d’une bouche à l’autre. Voilà, grâce à cette définition, les chercheurs ont pu comparer les baisers chez les humains et chez les autres primates.

Des tablettes mésopotamiennes aux temples égyptiens : le baiser dans l’Antiquité

Jusqu’à très récemment, les scientifiques pensaient que le baiser romantique était né en Inde il y a 3500 ans, mais en 2023, des chercheurs ont bousculé cette théorie dans le célèbre journal Science. Ils ont analysé des tablettes d’argile mésopotamiennes révélant que le baiser sur les lèvres était déjà pratiqué au Moyen-Orient il y a 4500 ans. Je veux dire …. La tablette en question laisse très peu planer de doute. Ces textes décrivent clairement des baisers échangés entre amants, dans un contexte à la fois romantique et sexuel. Les chercheurs ont découvert que le baiser était considéré comme partie intégrante de l’intimité romantique dans les temps anciens, tout autant qu’il pouvait faire partie des relations amicales et familiales. Mais attention : ces tablettes ne prouvent pas que le baiser est né en Mésopotamie. Elles attestent simplement qu’on le pratiquait là-bas à cette époque, et il est fort probable que cette pratique soit encore bien plus ancienne.

Les Égyptiens s’embrassaient aussi, même si c’est vraiment rare de trouver des représentations aussi explicites que celle que tu viens de présenter. On peut supposer que les scènes les plus intimes restaient dans la sphère privée… et pas sur les murs des temples. Mais des sources montrent que le baiser sur les lèvres était documenté en Égypte ancienne depuis au moins 2500 avant notre ère. Il existait un mot en égyptien ancien pour désigner le baiser : « sn », qui apparaît dans plusieurs contextes, notamment dans des textes religieux. On trouve dans l’art égyptien des couples proches l’un de l’autre, nez contre nez, dans des postures intimes. Les Égyptiens pratiquaient sans doute plusieurs formes de baisers parmi lesquelles le baiser d’affection familiale le baiser de respect envers un supérieur, et aussi bien sur le baiser amoureux.

Les Romains eux adoraient s’embrasser. Toutes les sources le confirment. Et puisqu’ils aiment tout catégoriser, les baiser n’y ont pas échappé : ils ont donné des noms à chaque forme de baisers, les plus courants étant l’osculum, un baiser posé sur la joue qui n’a aucune connotation romantique et qui est utilisé comme signe de politesse ; le savium, le baiser langoureux sur les lèvres qui transpire le désir érotique ou sexuel et qui est donc réservés aux amants ; et puis entre les deux il y a le basium, un mot pouvant caractériser un baiser sur les lèvres qui marque une proximité affective forte – souvent entre époux ou amants – mais qui est moins cru que le savium. Les Romains avaient donc un usage très codifié du baiser. En théorie seulement car, dans la pratique, la littérature romaine révèle que les frontières sont parfois minces, et que l’usage de ces différents mots est moins tranché qu’il n’y paraît. Une littérature qui suggère en tout cas que le baiser était, pour les Romains, un langage social et affectif complexe.

Chez les Grecs aussi, on s’embrassait. Beaucoup, même. Les textes grecs anciens regorgent de références aux baisers. Homère, dans l’Iliade et l’Odyssée, décrit des baisers entre parents et enfants, entre amis retrouvés après une longue séparation… Mais là encore, on en distingue plusieurs types : le baiser de respect, le baiser de retrouvailles et évidemment le baiser amoureux. Et puis comment ne pas parler de Platon ? Dans l’un de ses poèmes il parle du baiser comme d’un geste chargé de sens philosophique et érotique. Pour lui, le baiser n’est pas qu’un contact physique : c’est une communion des âmes. Bon, Platon avait tendance à intellectualiser tout ce qu’il touchait, mais l’idée est là : le baiser avait en Grèce antique aussi, une dimension symbolique forte.

Après l’Antiquité, le baiser traverse les siècles avec des fortunes diverses. Au Moyen Âge, il devient un geste hautement codifié : les classes supérieures reçoivent des baisers sur la main ou même sur l’ourlet de leurs vêtements. Le baiser de paix et le baiser des reliques sont valorisés par l’Église, mais les moralistes chrétiens se méfient des baisers trop sensuels, qu’ils débattent comme potentiellement pécheurs. À la Renaissance, certains royaumes européens imposent des restrictions sur le baiser pour raison sanitaire, mais les poètes et artistes élèvent vite le baiser au rang de symbole de l’amour romantique et du désir sensuel, une transformation visible dans toute la littérature et l’art de l’époque. Puis vient l’ère victorienne et sa vague de pudibonderie : les démonstrations publiques d’affection deviennent inappropriées, le baiser se fait discret. Mais le XXe siècle change la donne : le cinéma propulse à nouveau le baiser sur le devant de la scène, en en faisant un signal culturel de désir et d’intimité.

S’embrasser sur la bouche : un geste loin d’être universel

Continuons ensemble notre recherche de l’origine du baiser. Et avant de vous parler du baiser chez les autres primates, je voudrais souligner que s’embrasser sur la bouche était peut-être naturel pour les Mésopotamiens, les Romains, les Grecs ou les Égyptiens, ça ne l’est pas pour tout le monde, même aujourd’hui.

Charles Darwin l’avait appris lors de son voyage autour du monde et l’avait noté dans son livre sur l’expression des émotions : « Nous, Européens, sommes tellement habitués au baiser romantique comme marque d’affection qu’on pourrait le croire inné chez l’humanité ; mais ce n’est pas le cas. Il est inconnu en Terre de Feu, chez les Néo-Zélandais, les Tahitiens, les Papous, les Australiens, les Somaliens et les Esquimaux. »

Le baiser comme définit au début de cet article, ne serait donc pas un réflexe, un comportement inné, inscrit dans nos gènes. Mais bon … l’évolution a installé de sérieuses bases morphologiques et anatomiques pour que nous utilisions nos lèvres à des fins romantiques.

Chimpanzés, bonobos, gorilles : le baiser chez nos cousins primates

Qu’en est-il donc chez nos plus proches cousins ?

Chez les chimpanzés, le contact bouche à bouche existe bel et bien. Mais attention, il est principalement utilisé dans un contexte bien précis : la réconciliation après un conflit. Imaginez deux chimpanzés qui viennent de se disputer. L’un s’approche de l’autre, lui tend la main… puis leurs bouches se touchent brièvement. C’est tendu, ce n’est pas sensuel, mais c’est un geste d’apaisement extrêmement efficace.

Chez les bonobos, c’est une autre histoire. Ces grands singes, réputés pour leur vie sexuelle… disons, très active, pratiquent le contact bouche à bouche de manière beaucoup plus fréquente et dans des contextes variés. Et là, ça devient intéressant : les bonobos utilisent parfois la langue pendant ces contacts ! Un peu comme ce que l’on nomme le « french kiss ». Le célèbre primatologue Frans de Waal décrit ces baisers comme ayant un « caractère étonnamment sensuel en raison d’une interaction prolongée langue contre langue ».

Et les gorilles ? Les données sont plus rares. On a observé des contacts de lèvres sur le visage ou la tête chez les gorilles des plaines de l’Ouest, dans un contexte affiliatif. Et même, lors d’une pause très affective ayant eu lieu entre deux mâles, pause durant laquelle un contact bouche à contre bouche ressemblant à un baiser a été observé. Parce que oui, les relations homosexuelles chez les autres animaux sont fréquentes, je vous en parlais dans une récente vidéo.

Quant aux orangs-outans, les observations sont également limitées, mais on a documenté des contacts bouche à bouche qui semblent être des gestes affectueux, souvent entre membres de la même famille. Et parfois dans un contexte qui ressemble à de la séduction.

Voilà je vais pas vous citer la liste complète des espèces de primates où on a documenté des baisers, elle a été préparée par des spécialistes et elle se trouve ci-dessous. Ce qui ressort de tout ça, c’est que le baiser – ou quelque chose qui y ressemble fortement – existe chez la plupart des grands singes. Et cette conclusion est supportée par une analyse phylogénétique toute récente qui suggère que ce comportement serait apparu chez l’ancêtre commun des grands singes, quelque part entre 21 et 17 millions d’années avant notre ère. Oui, le baiser serait vieux de plus de 20 millions d’années !

D’où vient le baiser ? Deux hypothèses fascinantes

Mais alors, comment ce comportement a-t-il émergé ? D’où vient-il ? C’est là qu’intervient une hypothèse fascinante proposée par le chercheur Adriano Lameira de l’Université de Warwick.

Pour la comprendre, il faut d’abord que je vous parle du toilettage. Chez les primates, le grooming – c’est le terme anglais – c’est LE comportement social par excellence. Les individus passent des heures à fouiller dans le pelage de leurs congénères pour retirer parasites, peaux mortes et débris. Et ce n’est pas qu’une question d’hygiène ! Le toilettage libère des endorphines, réduit le stress, renforce les liens sociaux, permet de réconcilier deux individus qui se sont chamaillé. C’est un ciment de la vie en groupe.

Et voilà l’idée d’Adriano Lameira : quand un primate toilette un autre, comment termine-t-il la séance, la plupart du temps ? En aspirant avec ses lèvres la peau ou le pelage de l’autre, pour attraper un dernier parasite ou débris. Un geste final, bouche contre peau, avec les lèvres qui font ventouse.

Maintenant, imaginons ce qui s’est passé au cours de l’évolution humaine. Nos ancêtres ont progressivement perdu leur fourrure corporelle. On estime que cette perte de poils s’est produite entre 1 et 3 millions d’années. Sans fourrure, le toilettage devient beaucoup moins nécessaire sur le plan hygiénique. Les séances de toilettages raccourcissent donc. Mais que reste-t-il ? Et bien il reste ce geste final ! Ce « dernier baiser du toiletteur », comme l’appelle Lameira. Un vestige comportemental qui aurait conservé à la fois :

  • sa forme – il met en jeu des lèvres proéminentes et un mouvement de succion
  • son contexte – il se produit entre individus proches
  • et sa fonction – c’est-à-dire qu’il renforce les liens sociaux.

Selon cette hypothèse, le baiser humain serait un fossile comportemental. Exactement comme un squelette fossilisé dans des sédiments. Ce qui était autrefois un rituel long et laborieux pour cimenter les liens sociaux se serait progressivement comprimé jusqu’à ce que le « dernier baiser du toiletteur » devienne un symbole cristallisé de confiance et d’affiliation.

Une seconde hypothèse a été formulée pour expliquer l’origine du premier baiser. Selon l’éthologue Irenäus Eibl-Eibesfeldt, le baiser romantique dériverait d’un vieux comportement nourricier entre la mère et son enfant : le « kiss feeding ». L’idée c’est que la mère mâche d’abord la nourriture, puis la passe directement de bouche à bouche à son bébé. C’est un comportement que l’on observe chez plusieurs espèces de primates comme les chimpanzés ou les ouistitis, mais aussi au sein de plusieurs cultures humaines.

Avec le temps, ce geste très pratique se serait peu à peu ritualisé : on n’y transmet plus de nourriture, mais on garde le contact bouche contre bouche, chargé de proximité, de confiance et d’affection. Je reconnais que l’idée que le baiser langoureux que vous échangez avec votre partenaire trouve ses origines dans un baiser maternel n’est pas très glamour. Mais même si ce n’est qu’une hypothèse, elle reste terriblement cohérente du point de vue de l’évolution des comportements.

Les Néandertaliens s’embrassaient-ils ?

Quelque part entre l’ancêtre commun à tous ces primates et l’arrivée d’Homo sapiens, il y a les néandertaliens. S’embrassaient-ils ? Et bien, les microbes nous donnent des indices !

Des chercheurs ont analysé l’ADN ancien présent dans le tartre dentaire de Néandertaliens. Et ils ont trouvé les traces d’une bactérie commensale, Methanobrevibacter oralis, qu’on retrouve aussi chez nous, humains modernes. Or, les souches néandertaliennes et les souches humaines de cette bactérie n’ont divergé qu’il y a environ 120 000 à 140 000 ans.

« Oui … Et alors ? » vous me direz ? Et bien Néandertaliens et Homo sapiens se sont séparés beaucoup plus tôt, il y a 450 000 à 750 000 ans ! Si les bactéries orales n’ont divergé qu’après, cela signifie pour les spécialistes qu’il y a eu des transferts de microbes entre les deux espèces après leur séparation génomique. Autrement dit, des échanges de salive.

Comme l’a résumé la chercheuse Laura Weyrich: « Si vous échangez de la salive entre espèces, c’est qu’il y a des baisers, ou au moins du partage de nourriture. » Et quand on sait que 1 à 4 % du génome des humains non-africains vient des Néandertaliens… disons que les preuves s’accumulent.

L’analyse phylogénétique dont je vous parlais tout à l’heure confirme cette intuition. En utilisant des modèles statistiques, les chercheurs ont estimé qu’il y avait plus de 84 % de probabilité que les Néandertaliens pratiquaient le baiser. On ne peut pas en être certains à 100 %, mais c’est hautement probable.

Pourquoi le baiser a-t-il survécu ? Cinq hypothèses évolutives

OK, on sait maintenant d’où pourrait venir le baiser. On identifie ses origines. Mais ça n’explique pas pourquoi le baiser a persisté dans le temps. Quel avantage évolutif a-t-il bien pu conférer ? La recherche scientifique, c’est émettre des idées, des hypothèses. Certaines seront un jour infirmée, d’autres accumuleront des éléments de preuves qui les soutiendront. En voici quelques-unes que j’ai pu lire :

Hypothèse 1 : Le baiser permet l’évaluation du partenaire Le baiser romantique permettrait d’évaluer la qualité et la compatibilité d’un partenaire potentiel. Comment ? Par l’odorat principalement. Quand on embrasse quelqu’un, on accède à des indices chimiques sur sa santé générale, son statut immunitaire. Un comportement ancestral dans le règne animal, et plus accentué chez les femelles, qui doivent se montrer sélectives. C’est typiquement ce que font les chiens de prairie lorsqu’ils se croisent, ils s’embrassent, s’échangent ainsi de la salive et devinent s’ils appartiennent au mêle clan ou à des clans voisins, et donc ennemis.

Hypothèse 2 : Le baiser favorise l’excitation sexuelle Le baiser augmenterait l’excitation précopulatoire, facilitant ainsi la reproduction. J’imagine que je dois pas vous faire un dessin, le baiser précède souvent l’accouplement. Les lèvres sont parmi les zones les plus vascularisées et innervées du corps humain, et leur stimulation active des circuits liés au plaisir.

Hypothèse 3 : Le baiser maintien du lien de couple Le baiser, même non-sexuel, libère de l’ocytocine et des endorphines. C’est démontré. Donc le baiser calme, rassure, restaure l’harmonie après un conflit. Il aide à naviguer à travers les hauts et les bas d’une relation de long terme.

Hypothèse 4 : Le baiser transfert des microbes bénéfiques Un baiser de dix secondes transfère environ 80 millions de bactéries ! Ça peut sembler dégoûtant, mais certains chercheurs estiment que cet échange microbien pourrait avoir des effets positifs sur l’immunité. Le baiser permettrait depuis des millénaires de faire circuler des microbes dans une communauté et donc de booster l’immunité de chacun. Une hypothèse fascinante propose que le baiser pourrait protéger contre le cytomégalovirus, un virus potentiellement dangereux pour le fœtus, en permettant une exposition précoce et donc une immunisation avant la grossesse. Mais cette hypothèse est confrontée au risque de transmission de maladies que les baisers font courir, comme l’herpès ou la mononucléose.

Hypothèse 5 : Le baiser est un signal social Selon cette dernière hypothèse, le baiser échangé devant les autres membres du groupe correspond aussi à une déclaration publique. C’est dire au monde, et à sa communauté en particulier : « Cet individu est mon partenaire. » C’est un signal coûteux, car on s’expose d’une certaine manière. Mais le fait de prendre un risque rend le signal crédible. Le baiser public servirait à dissuader les rivaux potentiels et à réduire l’incertitude sur le statut de la relation.

Voilà, et comme souvent, ces cinq hypothèses ne sont pas exclusives, elles ont peut-être été plusieurs à jouer un rôle dans la préservation du baiser à travers les millénaires. Si l’une d’elle vous parait peu crédible, n’hésitez pas à me partager votre avis dans l’espace commentaire. Ca fait deux ans que je fais des vidéos, et j’ai lu TOUS vos commentaires jusqu’à présent.

Des lèvres humaines uniques, façonnées par l’évolution

Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, nos lèvres à nous, humains, sont uniques. Les travaux sur l’évolution orofaciale montrent que nous avons développé un contrôle moteur fin des lèvres, bien supérieur à celui des autres primates – un contrôle lié à l’évolution du langage, puisque les consonnes nécessitent des mouvements précis. Mais cette innervation riche, cette sensibilité tactile exceptionnelle, font aussi de nos lèvres des organes parfaitement adaptés au baiser. On parle de cooptation : des traits qui ont évolué pour une fonction et qui se retrouvent recrutés pour une autre.

S’embrasser est un comportement ancien et le baiser est inscrit, semble-t-il, dans une constellation de traits coévolués par sélection sexuelle et sociale. Une conclusion qui se rapproche fort de celle que je tirais dans ma vidéo sur l’existence des phéromones humaines. Je vous la conseille.

François

Je suis François, professeur de comportement animal à l’Université de Liège (Belgique) et docteur en entomologie. Passionné par le monde fascinant des animaux, je partage avec vous des découvertes scientifiques sur l’éthologie et la biologie animale.

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